Les pays riches en faillite ?

Le déficit des pays riches

Aux Etats-Unis les établissements de crédit sont en crise, les cours des bourses plongent, même s’ils avaient atteint des sommets récemment, et les instituts des missions du monde entier injectent des sommes colossales sur le marché afin d’éviter qu’il ne s’effondre. Le système financier mondial est-il vraiment au bord du gouffre ?

Une chose est sure, la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis ébranle le monde de la finance. Des millions d’américains ne parviennent plus à rembourser les crédits qu’ils ont contractés pour l’achat de leur maison. Le surendettement et la baisse du pouvoir d’achat pourrait porter un coup sévère pour l’économie américaine, et nous en subirions tous les conséquences. Aujourd’hui, déjà, de nombreuses banques européennes ne savent pas si elles reverront un jour les milliards qu’elles ont investit dans le marché américain. La crise actuelle ne serait-elle que la partie visible de l’iceberg ? Car les citoyens américains ne sont pas les seuls à vivre à crédit. L’Etat américain est lui aussi criblé de dettes. Le président Bush a contracté à lui tout seul plus de dettes que ses 42 prédécesseurs réunis. Et la guerre en Irak n’est qu’une raison parmi d’autres.

Les Etats-Unis ne sont pas une exception. En Europe aussi de nombreux pays croulent sous les dettes. Nous avons voulu savoir quelle étaient les dangers d’une telle politique pour nous tous.

Les pays riches sont-ils en faillite ?

Le pays le plus riche de la planète est aussi le plus endetté. Mais sa dette, financée par la Chine et l’Europe, permet à sa croissance de se maintenir, et ce malgré la guerre en Irak. Une ardoise qui s’élève à plus de 8.000 milliards de dollars.

Qu’est-ce qu’une dette publique, comment se mesure-t-elle ? L’union européenne vit sous le régime d’une dette contenue et régulée.

L’Amérique roule sur l’or, c’est en tout cas l’impression que pouvait donner le pays ces dernières années. Des sommes d’argent très élevées ayant été prêtées très bon marché à un très grand nombre d’emprunteurs. Les plus modestes des américains se sont offert des maisons toujours plus chères, avec l’aide de fonds d’investissements, qui devenaient détenteurs de l’économie la plus lucrative : l’immobilier. Grace à ces généreux crédits, certains organismes financiers se sont énormément enrichis pour fonctionner à merveilles, et cela a donné un coup de fouet aux Etats-Unis. Mais voilà, la croissance américaine est une croissance à crédit. Nous avons fabriqué l’illusion d’une prospérité qui n’a finalement jamais existé. D’après un économiste américain récemment. Et les chiffres lui donnent raison. Les Etats-Unis importent tous les jours pour 2 milliards de marchandise, des sommes qu’ils empruntent au reste du monde, surtout à la Chine. Y’a-t-il un véritable danger lorsqu’un pays souverain dépend de plus en plus de ces créanciers étrangers. Et que se passe-t-il si ceux-ci n’ont plus confiance en l’économie de ce pays ? Beaucoup craignent que ce déséquilibre ne soit une bombe à retardement qui débouche sur une crise à long terme.

Etats-Unis, la richesse à crédit

A long terme, si les Etats-Unis continuent leur politique actuelle, le dollar sera grillé, car plus personne n’en voudra.
Le problème aux Etats-Unis, c’est que le consommateur dépense plus qu’il ne gagne. Le gouvernement dépense plus qu’il ne gagne et le pays tout entier vit au dessus de ses moyens. On a un manque d’épargne lié à la consommation des ménages un déficit budgétaire public, et un déficit de la balance courante des Etats-Unis. On a donc une économie toute entière au sein de laquelle le gouvernement, le secteur privé et les ménages, dépensent tous plus qu’ils ne gagnent. Et cette accumulation de dettes va devenir insoutenable.

Les Etats-Unis empruntent des sommes phénoménales, pratiquement 800 milliards de dollars par an. Des sommes tellement énormes qu’on a du mal à imaginer ce que ça représente. Si on mettait bout à bout des billets de 1 dollars, on pourrait peut-être aller jusqu’à la lune.

Pour la première fois dans l’histoire, la plus grande puissance économique du monde, est aussi celle qui doit le plus d’argent à la terre entière. Les économistes sont partagés. Il y a les pessimistes et les optimistes. Un tel déséquilibre, du jamais vu au Etats-Unis, annonce-t-il une grave crise mondiale ou représente-t-il au contraire, le moteur de la croissance américaine et internationale.

Première chose, les Etats-Unis sont au centre de tout. Les gens s’y sentent en sécurité, le système financier est très développé et fluide, et cela donne envie aux étrangers d’accumuler des actifs aux Etats-Unis. Ils veulent posséder de l’immobilier, des bons du trésor, des actions, et c’est pour ça qu’ils ont accepté de prêter cet argent aux Etats-Unis. Parce que ça les arrange d’amasser tous ces actifs.

Si on emprunte, on a l’impression d’être plus riche, mais c’est faux, tôt ou tard il faudra rendre cet argent plus les intérêts, donc en fait, nous ne sommes pas plus riches, mais plus pauvre du montant des intérêts. Mais nous ne sommes pas obligés de les rendre tout de suite… Tant que ça peut attendre…

On est tourné vers l’avenir, que va-t-il se passer demain, c’est un trait de caractère aux Etats-Unis. Tout le monde se dit « je n’ai rien aujourd’hui, mais quand je vois toutes ces voitures, ces grands immeubles, je sais que je peux réussir. » Les américains sont optimistes. La dette est un sujet trop négatif pour qu’ils s’en occupent. On verra plus tard, toujours plus tard.

Depuis 6 ans, ce pays est dirigé par des gens viscéralement hostiles à l’état providence, et très favorables aux catégories à hauts revenus. Ils ont été à en bousiller le système fiscal en faveur des plus riches. Ils y sont arrivés par petites étapes qui n’avaient pas l’air bien méchantes prises séparément, mais qui globalement ont eu un effet très néfaste. Ils disaient « on baisse les impôts pour tout le monde » ce qui n’était pas tout à fait vrai, car ils réduisaient surtout les tranches d’imposition des plus riches. Le système fiscal a donc subi de grands changements. Très favorables à ceux qui gagnent plus de 500.000 dollars par ans et beaucoup moins à ceux qui ont un revenu de moins de 40.000 dollars par ans. Ceux-là n’en profitent pratiquement pas.

Le gouvernement Bush est convaincu que baisser les impots stimule l’économie, et c’ets juste, une faible économie stimule toujours l’économie, mais il ne faut pas baisser les impots puis compenser la baisser des revenus de l’état en empruntant. C’est ça le problème.

Les démocrates qui ont maintenant la majorité au congrès, sont très préoccupés par la dette. C’est une de leur principale critique à l’égard du gouvernement Bush. En plus de la politique étrangère des Etats-Unis, qui n’est pas seulement une mauvaise idée, mais une initiative très couteuse. Les américains dépensent 4 milliards de dollars par semaine pour une guerre qu’ils sont en train de perdre. Le président Bush l’a dit très souvent : « il faut consommer, dépenser, aider l’économie en dépensant mais le consommateur est endetté et si dépenser aide surement l’économie en ce moment, ça l’aidera peut-être lui à se faire élire. Ca l’a sans doute aidé à se faire élire, mais à long terme, ou maintenant, ce n’est pas une bonne idée du tout.

« Faites crédit, et consommez, ça créera de l’activité et donc du revenu et donc de l’épargne pour financer l’activité ».

Voilà ce que disait en 1936 le célèbre économiste Klein. Le consommateur américain est harcelé par les organismes de crédit. Tant que la bourse et les valeurs immobilières sont au plus haut, le consommateur se sent riche. Il dépense plus qu’il gagne, et il emprunte. En moyenne 20.000 dollars par personne. Il épargne peu. Dans cette période d’euphorie financière, les banques de crédit poussent à l’emprunt, y compris les jeunes et les plus démunis.

Témoinage d’une américaine :

« S’endetter est un mal nécessaire. On ne peut rien faire sans s’endetter. On ne peut ni louer d’appartement, ni acheter une maison, ni acheter une voiture si on en veut une. On doit s’endetter, avoir un bon crédit. C’est mon cas, j’ai 3 cartes de crédit, une que je n’utilise pas, une que j’utilise et rembourse chaque mois. C’est comme ça que j’ai un très bon crédit. Le propriétaire me dit : « je vous loue l’appartement. » Mais 20.000 dollars de dettes, ce n’est pas vraiment top. Ma coloc prend toutes les offres de cartes, elle profite du crédit gratuit pour transférer ses dettes sur les nouvelles. Elle ne sait même pas combien elle en a. En fait, plein de gens font ça. C’est limite. On cherche tout le temps à nous faire acheter. Emprunts, cartes de crédits, c’est tellement plus facile d’acheter sans avoir l’argent. Très peu de gens vivent selon leurs moyens. En fait, vivre selon ses moyens, n’est pas forcément bien. Mais acheter pour acheter, juste pour le plaisir, je ne suis pas fan… »

Témoignage d’un français en Amérique :

« Quand je suis arrivé je n’avais pas d’argent, mais je m’étais décidé d’aller à l’école, et je me suis débrouillé comme tout le monde. D’abord par le travail, puis par les cartes de crédit, et c’est comme ça que j’ai pu payer mes études de premier cycle. J’avais 8 cartes de crédits, je ne veux plus prendre de crédit, mais j’ai les débit cards, c’est plutôt l’argent que vous déposez en banque, et que vous utilisez comme crédit. J’en ai 3, parce que j’ai trois banques. Le yellow car, mon taxi, je l’ai acheté. S’il n’y aviat pas ces crédits, je ne pourrais pas réaliser mes rêves. Je serais resté dans des petits boulots, comme tout le monde, et continué à être un aventurier avec des petits boulots, et ce n’est pas ce que je comptais faire dans ce pays. Je pensais plutôt à de grandes choses, il fallait repartir à l’école. Le système d’endettement, de recevoir de l’argent facilement auprès des banques, m’a vraiment aidé à payer mes études, et je crois, avec l’aide de dieu, que je vais atteindre mes objectifs. C’est ce qui est marqué sur les dollars « in god we trust » !

In god we trust ou bien in gold we trust ? Le dollar aujourd’hui a remplacé l’or comme étalon de référence international. C’est le grand privilège économique américain, gagné dès la sortie de la guerre en 1944 et renforcé par le président Nixon en 1971. In dollar we trust ? Croyons-nous vraiment au dollar ? En tous cas, l’économie mondiale dépend de la valeur du dollar. On dit que quand l’Amérique tousse, c’est le monde entier qui s’enrhume.

Les ménages américains se sentent très riches. Parce que la valeur de leur résidence augmente. Et les Etats-Unis ont un système financier très sophistiqué, qui permet d’emprunter facilement. Alors le consommateur moyen qui voit le prix de sa maison augmenter de 20% se dit « super, je peux m’acheter un nouveau magnétoscope, une télévision à haute définition écran plat » il obtient de sa banque un prêt de la valeur de sa maison, sur la plus value de sa maison et s’achète une télévision. Et que fait la banque avec l’argent ? Elle crée des produits financiers sur un marché secondaire, que n’importe qui dans le monde peut acheter. Arrive alors la banque centrale de Chine, qui en a peut-être marre d’acheter des bons du trésor américain, l’emprunt d’état, qui ne sont pas très rentables et qui se dit : on peut acheter ces crédits immobiliers pris par les emprunteurs, garantis par la City Banque et la banque émettrice, et qui rapporte plus, pourquoi ne pas en acheter ? C’est comme cela que l’argent finit en Chine, voire en Arabie Saoudite. C’est comme ça que tout cet argent passe dans leurs mains. En fait, il semblerait qu’environ 30% de la totalité des prêts américains finissent quelque part en Asie.

Chez Wal Mart, la plus grande chaine de super marchés américaine, 70% des marchandises proviennent de Chine. L’argent du magasin finit par aller en Chine, qui fait des bénéfices dessus. Wal Mart en fait aussi, d’autres se servent au passage, mais la Chine reçoit aussi la part du gâteau. C’est comme ça qu’elle trouve les liquidités pour acheter les prêts américains. Et la boucle est bouclée. Les américains se retrouvent avec une grosse télé haute définition, et quelqu’un en Chine, et c’est pareil au moyen Orient, quelqu’un détient la créance, la dette d’un américain. Remarquez bien qu’il s’agit d’une dette privée et non publique. Mais ils détiennent aussi la dette publique.

Il existe sans aucun doute, une inter dépendance entre les Etats-Unis et la Chine et l’Asie et le reste du monde. La chine fournit à la fois les produits et le financement, mais la situation est instable. Parce qu’un pays ne put pas passer son temps à importer les services et biens de l’étranger en donnant uniquement en échange au reste du monde des bouts de papiers où il est écrit « je vous dois de l’argent dans le futur » !

 

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